Les critiques de Jean Paul au Festival c’est trop court Nice 2018

Par ordre alphabétique

  • Pourquoi ce festival programme t-il des moyens métrages ? (Un  de 38′ et deux de 47′ sur 35 films présentés). Manque t’on de courts à ce point là ?

Aya 

Court métrage de Moufida Fedhila (Tunisie France Quatar 2017)  24′  (Clermont-Ferrand + Rousset sur Arc)

Transgression en classe coranique malgré le poids de la soumission. L’amour du père et la complicité de la mère fait de Aya une petite fille vive et maline qui décide de provoquer Allah en lui demandant de se révéler. Et la petite fille qui voulait voir Allah va être sauvée de justesse des griffes du démon.


Coqueluche ♠

Moyen métrage de Aurélien Peyre (France 2018)    47′ !  (Festival de Lisbonne)

 

Drague en basse mer dans le milieu p’tit bourge qui a du mal à se renouveler. C’est un conte d’été cuisiné à la sauce dolce vita. Une super nana avec un corps de ouf se met à la colle avec le boutonneux de la bande , « Jean Claude » à réussi à pécho, mais il baise de travers. Et c’est parti pour les blagues à 2 balles pendant 47 minutes. C’est le râteau de la méduse, et bien entendu le râteau coule, le prix à payer sera une paire de ballerines bien dégueu  offerte à la Paimpolaise qui s’est aventurée sur cette île. Rien de nouveau sous le soleil.


Coup de grâce ♠

Court métrage expérimental de Salomé Lamas (Portugal 2017)   26′   (Berlinale)

Ballet de pelleteuses dans un bac à sable pour construire un chapeau chinois. Mais pas que ! Les pelleteuses remplissent des camions, des camions sortent des oiseaux que l’on retrouve sur un étal de viande en supermarché ; monsieur, vous nous faites un raccourci désobligeant ! Pas vraiment. Qu’est ce que je vous sers à manger ? Du sable naturellement ! Repas indigeste avec une sauce musicale qui vous bourre le crâne, de sable, évidemment !


El color de la sed 

Court métrage de Gala Gracia (Espagne 2017)  22′  (Grand prix de festival de Villeurbanne)

Trafic de béliers dans un monde déshumanisé où chaque tête de bétail ne représente que des « dineros », la couleur de l’argent. Glacial.


Fast alles (presque tout) ♠

Court métrage de Lisa Gertsch (Suisse 2017)   25′  (Festival de Bruxelles)

Road movie en Saab 600 turbo S et gros plans à gogo sur un homme atteint d’une maladie de la mémoire. On a une vue imprenable sur les oreilles, sur les trous de nez, les poils et les boutons d’acnés ce qui me fait perdre le sens de l’histoire. Les séquences racoleuses pour me remettre dans le bain n’arrivent pas à me faire éprouver de l’empathie pour ce personnage. La disparition du personnage masculin derrière celui de la femme bien plus grande que lui, sur le plan fixe final, m’évoque plus une bonne idée de cadrage que la volonté de soutenir un langage cinématographique. On n’y coupe pas, à chaque festival on a droit à un couplet sur la maladie d’Alzheimer. 2 peure 2 perd lamé moir ?


Freibadsinfonie ♠

Court métrage de Sinje Köhler  (Allemagne 2017)   29′   (Filmschoolfestival Munich)

Histoire de filmer la piscine et ses baigneurs au fil de l’eau. Pas marrant et drôlement long avec une musique qui nous bourdonne dans les oreilles.


Haut (peau) ♠

Court métrage de Nancy Camaldo  (Allemagne 2017)   23′   (Clermont-Ferrand)

Les blessures au visage sont un obstacle majeur à des relations amoureuses, même en boite de nuit tout le monde le sait, mais pas la famille apparemment. Une attitude joyeuse ne peut venir à bout de la défiguration, et les questions idiotes au sujet de relations sexuelles éventuelles de la victime, ne peuvent qu’aggraver les choses. Alors c’est la crise de nerf :  « mais vous ne voyez donc pas que je suis défigurée !!! ». Si bien sûr.


J’attends Jupiter 

Court métrage de Agathe Riedinger  (France 2017)   23′  (Clermont-Ferrand)

Une fille pas comme les autres qui veut être une star, poursuit son rêve en milieu hostile. La lutte permanente de cette jeune princesse pourrait bien l’envoyer dans les cordes. Ce serait sans compter avec l’actrice étincelante qui fait de son personnage la reine du ring.


Kiem holijanda 

Court métrage de Sarah Veltmeyer  (Pays Bas 2017)  14′   (Berlinale)

Le départ de Florist fils aîné d’une famille qui vit au Kosovo, laisse le frère plus jeune seul face à ses pulsions.


La forêt ♠

Court métrage de Lia Tsalta  (Grèce 2018)    18′   (Festival de Sarajevo + Court métrange Rennes)

Dés le début le spectateur est invité à faire le voyage touristique. Allez on y va ! Ça commence par une petite leçon de botanique en laboratoire puis dans le hall d’une grande surface afin d’admirer les bacs à plantes. La séquence zoologie nous permet d’approcher de près des pigeons, considérés comme des oiseaux rares. Toute cette petite équipe va se retrouver en forêt et le voyage va s’arrêter là. La forêt m’a tuer.


La mort père et fils 

Court métrage d’animation de Vincent Paronnaud et Denis Walgenwitz (France 2017)   13′   (Festival du film d’animation Annecy + Clermont-Ferrand)

Dans le famille la mort, le petit veut changer de camp, mais ça marche pas terrible. La bonne volonté ne fait pas bien les choses et la mort se désespère de ne pouvoir rien faire d’autre que de faire mourir. Alors le papa la mort va s’occuper de son petit et accomplir une éducation parentale réussie.


Les heures encre ♠

Court métrage de Wendy Pillonel  (Suisse 2017)   29′   (Festival de Vaulx en Velin + Clermont-Ferrand)

Mal cousu de fil blanc. Et si on inversait les rôles : l’ouvrier mettrait le patron à genoux en utilisant le corps encore fumant d’un ouvrier qui s’est fait cramer. Pas joli joli tout ça ! Mais au final ça va pas être possible, et on est bien rassuré. Bon alors on va pas insister. Fin.


Los come sombras (les mangeurs d’ombres)

Court métrage documentaire et expérimental de Chloé Belloc  (France 2017)  18′  (Festival  du film de Nancy)

Dénonciation des menaces de mort venant de groupes paramilitaires (aigles noirs)  à l’encontre des compagnies de danse de la ville de Bogotá. Une réalisation où la danse qui réunit les vivants et les morts par des images en noir et blanc pixelisées, va rassembler tous les mouvements artistiques de la ville qui réussissent à repousser les forces armées à l’occasion d’un défilé pour la vie.


Mercury ♠

Court métrage de Kyla Simone Bruce (Royaume Uni 2018)   14′

De la bagnole on n’en sort que pour pisser du mojito !


Mon amour mon ami 

Court métrage documentaire de Adriano Valerio (France Italie 2017)   16′  (Mostra de Venise , festival de Palm Springs)

Film d’une tristesse infinie de par le caractère des acteurs. Les plans fixes et la caméra portée de dos, nous dévoile des personnages déchirés au plus profond de leur être. Des confessions poignantes intensifiées par la chanson de Marie Laforêt. Elle, Daniela, ne veut plus se marier avec Fouad.


Muzicke traume ♠

Court métrage d’animation de Milos Tomic  (Serbie 2018)   11′    (Festival de Leipzig)

Tu vas jouer oui ! Euh non, je vais arrêter la musique, je vais me mettre au dessin.


Retour

Cour métrage documentaire de Pang-Chuan Huang  (France 2017)  20′   (Clermont-Ferrand)

Voyage en train à travers des pays qui ont vécu des périodes de guerre. On suit  les traces d’un homme, que la magie du cinéma et de la photographie nous révèle peu à peu en le sortant de l’oubli.


Sacré cœur ♠

Court métrage de Antoine Camard (France 2018)   23′

Heureusement que le pote du port est là pour nous aider à identifier le chanteur déchu du groupe « Capone », de retour chez sa mère après une expérience malheureuse dans un monde où musique rime avec drogue. La cure de désintox s’avère difficile. On espère pour lui un nouveau départ avec une carrière solo. Mais tout le monde ne s’appelle pas Sting. Allez, à défaut de Capone on s’écoute Police « synchronicity » ! On ne perd pas au change. 


Selfies ♠

Court métrage d’animation de Claudius Gentinetta (Suisse 2018)   4′  (Festival de Locarno)

Des selfies comme s’il en pleuvait.


Tamtej nocy (cette nuit là)

Court métrage de Pat Howl Kostyszyn (Pologne 2018)   24′    (Wama film festival)

Une femme est emmenée menottée au poste de police pour un acte qu’elle n’a pas commis. Huis clos où tous les flics sont corrompus. D’après une histoire vraie.


Thick skin 

Court métrage de Erlendur Sveinsson  (Islande 2017)  12′  (Festival de Palm Springs)

Dénonciation pour agression sexuelle, le garçon est pris au piège.


Third kind ♠

Court métrage de Yorgos Zois  (Grèce 2018)  31′  (Festival de Cannes)

Trois personnages dans un accoutrement ridicule se baladent dans un aéroport désaffecté.


Ultra pulpe ♠

Court métrage réalisé par Bertrand Mandico  (France 2018)    37′   (Fr 2)

Ce qu’il y a de bien avec ce genre de film, c’est que l’on peut tourner au milieu du bordel, ça ne se voit pas. Le budget nettoyage doit être sérieusement pris en compte ainsi que le nombre de douches que les comédiens vont devoir prendre pour avoir le droit d’entrer dans une boite de nuit après le tournage. Le script laisse à désirer, on s’en fout on arrangera ça au montage. Tu aimes ? Non, ça t’étonnes ? Heu…là je vais me faire une ligne, histoire de me remettre sur les rails…Ah pardon, t’es dans le décor, mais chui pas loin de l’orgasme là ! Il y a ceux qui cokent et d’autres pas ; pas de grands changements depuis l’homme des cavernes…enfin presque, gros gros budget maquillage et comment faire pour ne pas voir la laideur du monde : ne pas voir le film. Qu’est ce qui vous ferait plaisir, une histoire plus courte ? Non, vivre une Zen existence.


Un monde sans bêtes ♠

Court métrage de Emma Benestan et Adrien Lecouturier  (France 2018)  26′  (Clermont-Ferrand)

S’il écoute bien ce qu’on lui dit, le petit razeteur, il va y arriver pardi !  Ça raisonne comme un coup de fusil. C’est une affaire d’hommes, il faut faire plier la bête, même sous la torture. C kun mauvais moment à passer, allez Ya, Ya, Hop, hop ! Ah, les vaches dans la brume, que c’est beau, mais faut se lever tôt ! Un film pour ceux et celles qui n’ont jamais vu la Camargue de près.


Xiao cheng er yue (Une nuit douce)

Court métrage de Yang Qui (Chine France 2017)   15′  (Festival de Cannes)

Le poids de la détresse se lit sur les épaules des parents dont l’enfant vient de disparaitre. On voudrait pouvoir aider tant la douleur est palpable mais, cloués sur nos fauteuils, les plans fixes inscrivent en nous la limite de notre impuissance et celle du cinéma. Le personnage de la mère est d’une telle intensité que, lorsque le film s’arrête, on a la sensation de la laisser seule avec son désespoir.